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Délivrance, 1972, John Boorman

Délivrance est peut-être le film le plus connu de John Boorman. Il est représentatif de ce cinéma désenchanté made in années 70, d’un retour à la réalité beaucoup plus crue, dans le cinéma comme dans la réalité.

Il met à mal le mythe du bon sauvage et du retour à la nature nourricière, aimante et poétique. Ici, sont confrontés la réalité et les idéaux. Un groupe de quatre urbains pétris de l’amour pour la vie moderne, habitués à leur petit confort, leur système qui les protège, leur travail et surtout leur environnement rassurant, vont mettre à l’épreuve leur conception de la vie et du monde.

On a trop tendance à ne voir dans le retour à la nature que l’idéal. C’est un trait que l’on trouve pas mal à notre époque, en pleine crise écologique, véganisme et autres appels à freiner la course contre la fin du monde.
Nous voyons souvent cela avec romantisme : celui que nous avons lorsque nous sommes bien assis dans notre fauteuil en se disant « oui ça serait bien » pour se donner bonne conscience et surtout pour au final, ne rien faire.

Lorsque nous prêchons cet idéal, nous oublions un détail : le retour à la nature pure et dure, n’est pas du romantisme, c’est un changement radical. Qui dit nature, dit loi du plus fort, survie, danger, environnement hostile où tout peut vous arriver.

Délivrance a le grand mérite de le faire vivre à ses personnages qui sont confrontés à une remise en cause fondamentale de leurs pensés les plus profondes. Ici, pas de système ou de loi qui vous protège, vous êtes seul face à vos actes et à vous-même. On beau gueuler contre notre système, certes loin d’être parfait, il n’empêche que dans la plupart des cas, celui qui arrive devant vous sur le trottoir, ne vous filera pas un coup de couteau, c’est déjà ça de gagner. Bien évidemment, nul besoin d’un retour à la nature pour faire réapparaître la barbarie humaine et les instincts primaires, néanmoins, sans loi et peur d’un châtiment, ils ont beaucoup plus de chances d’exploser.

Délivrance est un grand film, en cela qu’il montre les choses objectivement et casse cette idéologie romantique qui s’arrange bien souvent pour ne voir que la moitié des aspects d’une question. Comme pour une légende, nous préférons retenir la version la plus jolie car elle nous permet de fantasmer.
Pas de cette hérésie ici, vous n’avez d’autre choix que de vous remettre en cause et de mettre vos convictions à l’épreuve.

Burt Reynolds
Burt Reynolds

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